Séance de VENDREDI 09/02/2018 à St-Elivet

Le 9 février est une date notable dans l’histoire de l’aviation civile avec les premiers vols des Boeing 727 (1963, un moyen-courrier robuste et polyvalent qui fit beaucoup pour développer les aéroports régionaux) et 747 (1969, le jumbo-jet qui a créé le tourisme intercontinental de masse).

Prenons un instant pour rappeler (comme quoi les stratégies industrielles ont un effet à long terme) que dans les années 50, la part de marché de Boeing dans les avions civils était de moins de 1%. C’est son pari réussi sur les avions de ligne à réaction (tirant parti de son expérience dans les bombardiers) qui lui a permis de prendre le pas sur Lockheed (sorti du segment) et McDonnell-Douglas (racheté en 1997) et d’être l’acteur dominant pendant des décennies, avec plus de 80% du marché. En parallèle Airbus, créé dans les années 70 par l’association de plusieurs entreprises européennes (et pariant de son côté sur l’informatisation et la suppression d’un poste en cabine) est maintenant quasiment à parité avec le titan américain.

Le 9 février est aussi le jour de la mort de Freddie Laker, homme d’affaires anglais pionnier du low-cost aérien. Bien avant R. Branson (Virgin) et M. O’Leary (Ryanair), ce patron légendaire divisa par 3 le billet Londres-New York mais finit en faillite, victime d’une lutte à mort avec les compagnies en place qui cassèrent les prix, influencèrent les régulateurs et avec qui il multiplia les procès pour distorsion de concurrence.

Lors de cette séance de jeu, on vit des paris gagnés ou perdus et des rivalités sans merci.

Table 1, dite « Choc des titans » : ils ne se lassent pas de Mythic Battles Pantheon : Mickaël, Paul-Junior, Guillaume et Elouan s’affrontent en paires avec ce jeu magnifique, sans que la tour de contrôle n’ait été informée du résultat.

Table 2, dite « Quasi parité » : Frank ressort son prototype déjà bien mûr de My Little Secret Dungeon : associé à Hugo, il prend le pas sur l’association entre Olivier et Maël au terme d’une partie longue, équilibrée et tendue qui leur a bien plu.

Table 3, dite « Procès en première instance » : pour essayer Cursed Court, le choix avait été fait de bricoler un prototype quick and dirty (à déconseiller si vous fabriquez un avion, NDLR) à base de jetons de poker, d’élastiques et de cartes d’un autre jeu. Xel, Tristan, Thomas, Eric et VHN acceptent de faire les pilotes d’essai et découvrent ce jeu récent de bluff et de paris. Impossible d’arrêter Eric qui, avec 24 points contre 8 au dernier (un père de famille blond) l’emporte malgré (ou grâce à ?) sa maîtrise limitée des règles.

Table 4, dite « Distorsion de concurrence » : la table 3 poursuit sa soirée avec A Study in Emerald. Une fois la partie arrivée à son altitude de croisière, il apparaît clairement que Eric est un Réformateur et que seuls deux Loyalistes (Xel et Dom) œuvrent à l’avènement des Grands Anciens. Xel précipite la fin de partie mais son boulet la fait reculer de 5 PV, juste au niveau de Eric. Nous exhumons alors une règle qui en tel cas attribue la victoire aux Réformateurs, une manifeste distorsion.

Table 5, dite « Patron légendaire » : la même équipe choisit ensuite The Boss, un jeu avec (tiens tiens) du bluff et des paris. Thomas s’amuse d’égarer de nouveau Tristan et l’emporte d’une courte tête.

Table 6, dite « Procès en appel » : deuxième audience pour Cursed Court avec dans le prétoire Xel, Thomas, Maël, F-R et VHN. Une gamme de scores similaire (23 à 7) avec ici Maël dans le rôle de l’acteur dominant.

Table 7, dite « Témoins à la barre » : vol inaugural à P-C pour le jeu d’enquête Witness avec Michal, Neox, François-René, Hélène, Christophe et Nicolas-2 (bizarre, il est sensé se jouer exclusivement à 4 ?). 3 affaires ont été examinées avec des résultats variés (une réussite, une quasi-réussite et un échec).

Table 8, dite « Lutte à mort » : la table 7 poursuit avec le classique Room 25 : F-R se révèle comme gardien en éliminant un autre joueur mais dans la foulée Hélène, l’autre gardien, lui règle son compte. Encore une victime de la concurrence sauvage.

Table 9, dite « Tigre celtique » : on vit fort tard Tristan et N2 autour de Samhain.

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Séance de VENDREDI 27/10/2017 à Ti Koad

Migration vacancière vers Ti Koad pour une belle population de joueurs, des jeunes et d’autres moins, des têtes connues et d’autres moins, des à jour de leur cotisation et d’autres non.

Table 1, dite « Tentacules victoriens » : Thomas, David, Xel, Christophe-2 et Hugo s’attablent devant A study in emerald, un jeu rare qui mèle un thème fantastique (une conspiration de Grands Anciens à la fin du XIXe siècle) et des règles originales (rôles cachés et asymétriques, conditions de victoire en fin de partie). En une phrase, « c’est un jeu où l’on gagne seul et l’on perd en équipe ». En fin de partie, Christophe a perdu juste assez de points pour endosser ce rôle de perdant, au grand soulagement de David. Et c’est la coéquipière du précédent qui finit en tête.

Table 2, dite « Kerker und Drachen » : Julien-de-Paimpol fait découvrir son nouveau précieux, Gloomhaven, aux heureux élus Jack, Neox et VHN. Gloomhaven est représentatif des 5% de projets Kickstarter qui débouchent sur des jeux réussis, d’un bon rapport qualité-prix et non bancaux, mais qui auraient eu du mal à se faire éditer autrement. Il renouvelle le genre du dungeon crawler avec un mélange d’ambition (97 scénarios dans la boîte de base qui pèse 10 kg !) et de mécaniques bien trouvées, avec une inspiration puisée dans les jeux à l’allemande pour dépasser le « je me déplace, je lance un dé » . Ici pas de 1-contre-n comme dans Descent mais un groupe de joueurs qui coopèrent comme à Mice & Mystics, et une gestion de main qui nécessite sérieuse réflexion comme à Mage Knight. Chaque joueur incarne un personnage qui va se développer à travers les différentes aventures et finir par prendre sa retraite une fois sa quête personnelle achevée. Les différentes classes de personnage sont intéressantes et on n’a fait que deviner la richesse du mode « campagne ». Qu’on ne se méprenne pas, le scénario 1, que nous avons perdu malgré un dernier combat héroïque de Jack et de sa meute de rats, n’est pas une promenade de santé. Leçon à retenir : ne pas ouvrir une porte tant qu’on n’est pas vraiment prêts.

Table 3, dite « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » : Marvin, Guillaume, Nicolas-2, Armand et Michal méditent sur cette phrase de Clausewitz en jouant à Rex, derniers jours d’un empire. Armand surprend les autres en construisant sa troisième forteresse et met ainsi fin à cette brève partie.

Table 4, dite « De sacrés mechs » : Tristan, Paul, Justine et Mickaël se confrontent au scénario 6 de Mechs vs. minions, où ils triomphent.

Table 5, dite « Retardataires » : Vincent et Camille cherchent un jeu à 2. Ils trouvent Kanagawa où le coup de pinceau de Vincent s’impose.

Table 6, dite « Padrino » : la table 1 poursuit avec The boss que Christophe remporte.

Table 7, dite « Mwahahaha »: bien que le porteur des clés eusse tenté de nous convaincre qu’il ne faut pas rester là, Messieurs Dames, il est attiré par Thomas dans un piège diabolique et se laisse présenter avec Xel et Dom Before I kill you, Mister Spy…, un petit jeu de cartes américain. Jeu où ni la variété tactique ni la dépendance à la pioche n’ont convaincu. Tiens au fait il faudrait rejouer à un certain petit jeu de cartes allemand qui se passe dans une diligence…

Table 8, dite « Bouquet final » : le rideau tombe sur une partie de Hanabi avec Tristan, Paul, N2, Guillaume et Justine.

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Séance de VENDREDI 18/11/2016 à la Ludothèque

Le 18 novembre 1793 ouvrait officiellement le Musée du Louvre, dans l’ancienne résidence des rois de France. L’assemblée révolutionnaire de la Convention avait décidé la création d’un « Museum de la République » où seraient mis à disposition du peuple collections royales et œuvres d’art confisquées aux émigrés et aux églises. Quelque 223 années plus tard, la Ludothèque mit à disposition du peuple de Parties Civiles un véritable musée du jeu, joyeux patchwork de  boîtes multicolores.

Impossible de recenser toutes les tables qui furent jouées lors de cette nuit féérique. Je me souviens de tendres murs pastel résonnant de rires d’enfants dans une ambiance de pré-Noël tandis que, dehors, soufflait le mauvais vent d’automne qui allait amener, à la faveur de la nuit, son cortège de flocons.

Je me souviens d’une table de A study in Emerald avec Tristan, Thomas, Michal, et Paul, ces deux derniers étant des Restaurateurs que Paul fit plonger dans les profondeurs du score, dont je sortis à ma grande surprise vainqueur, en tête de la coalition des Loyalistes avec 11 PV, devant Tristan (8) et Thomas (7). Je me souviens de la tête déconfite de Michal englué dans un tourbillon de cubes et de dés, lorsqu’il perdit son troisième et dernier point de vie (sur trois lancers !), mettant fin, à son soulagement, au guêt-apens où il s’était fourré.

Je me souviens que les mêmes enchaînèrent sur un La Boca, jeu reposant sur joyeux assemblage de pièces de bois peintes aux formes diverses, où deux joueurs coopérant à tour de rôle pour former un motif compatible de leurs deux points de vue de part et d’autre du plateau, gagnant d’autant plus de points qu’ils reconstituent ledit motif en le moins de temps, pour un podium en forme de mouchoir de poche (Paul, 27, Michal 26, Tristan 25).

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Je me souviens que s’ensuivit une table de Camelot où la victoire m’était promise, mais que Tristan s’adjugea sur le fil. Je me souviens du mauvais coup que nous fîmes à Thomas, le laissant gagner tout seul un tournoi rouge dont il n’avait plus l’usage.

Je me souviens d’un petit vélo à guidon chromé reposant à l’entrée de la salle, d’avoir vu Dom surgir de ce vélo plus tôt dans la nuit, puis, d’une geste scorfelienne, animer plusieurs tables de Diamant avec des ludopathes en herbe de plus en plus jeunes.

Je me souviens de Jeff, à la table d’à côté, expliquant doctement les règles de Kingsburg à ses  comparses, sérieux comme un prof avec ses lunettes carrées, et de Jacques et ses compères habituels bataillant à Scythe, indifférents à leur environnement comme s’ils avaient été copiés-collés depuis St-Elivet.

Je me souviens d’avoir vu dans des pièces attenantes des tables de Mysterium (dont l’issue restera mysterieuse), Rumble in the house (un joyeux b… je vous dis), et Conan où Mickaël, François-René, Nicolas II et Julien P. n’avaient pas l’air de déc….

Je me souviens de Joan explorant l’âge de pierre avec deux autres joueurs en attendant fièvreusement l’heure de Codenames. Quant cette heure fut venue, en exégète de Van Gogh, elle affirma non sans raison (voir la reproduction ci-dessous d’un autre Moulin de la galette) que Moulin devait compléter Tableau et Cadre dans le Van Gogh 3 lancé par Marina (nous en face, étions persuadés que c’était Docteur, mais finalement ce n’était ni l’un ni l’autre, c’était Pomme – une allusion érudite aux fameux Mangeurs de pomme de terre ?). Les bleus s’adjugèrent facilement 3-0 cette partie en deux sets gagnants qui fut prolongée en cinq sets après le « transfert » de Dom vers les bleus, qui ne changea rien à l’affaire. Je conclus un des sets par un renversement de sens sur Pompe, que j’avais d’abord associé à Tsahal, puis finalement à Clown. Paul réussit un joli bull’s eye en associant But et Oeil pour Cible 2, et un non moins superbe Verre 3 (Bouteille, Bar et Pied) que Dom déchiffra avec lucidité.

Je me souviens que les rouges ont passé le plus clair de leur temps à l’obscurcir, à l’image d’un mystérieux Pâté 2, que personne ne comprit vraiment, et qui visait Assiette et Mule….

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Je me souviens qu’on se dit qu’il fallait partir parce qu’il fallait bien que nos hôtes ferment un jour et qu’ils étaient trop affables pour nous mettre dehors. Je me souviens des courbes noires que laissaient les pneus sur le manteau blanc du bitume, et d’une maison, éclairée dans la nuit.

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Séance de VENDREDI 04/11/2016 à St-Elivet

Tel un phénix, le bon génie OuiMite était de retour en ce début novembre pour annoncer une belle séance avec près de 20 joueurs, de la nouveauté et de la diversité. Passons rapidement sur les rumeurs, rapidement démenties, comme quoi NIP boulotterait à l’occasion ses collègues de bureau pour arriver au récit de la soirée.

Table 1, dite « je suis Darwin » : Nicolas-Neox, Frank, Joan et VHN découvrent le tout nouveau Evolution Climate (version enrichie de Evolution publié il y a 2 ans, lui-même un jeu dérivé mais largement refondu par son éditeur américain de Evolution, the origin of species par l’éditeur russe Rightgames, ancêtre donc du jeu de ce soir… et que l’on trouve dans l’armoire de PC. La boucle est bouclée et nous voila déjà dans le thème).
Pas de cubes sans âme dans ce jeu mais un thème fort : on doit développer (en leur ajoutant des traits génétiques) et faire prospérer (en les nourrissant pour augmenter leur population) ses espèces animales. Oui mais la lutte pour la survie est impitoyable : les herbivores sont en concurrence pour se partager un pool de nourriture commun tandis que les carnivores se nourrissent des autres animaux (y compris ceux de leur propriétaire s’il a mal calculé son coup). Et comme si cela ne suffisait pas, les joueurs ont le moyen de faire évoluer le climat de la planète, rajoutant une couche d’imprévus et de contraintes venant contrarier le fait de faire croître et multiplier leurs petites bébêtes. Que dire d’autre ? que le matériel est illustré de magnifiques aquarelles psychédéliques et que le pion de premier joueur est un chouette diplodocus.
Evolution ClimatePour cette première partie, Frank a joué rapidement la carte du prédateur (mais au détriment de ses autres espèces) avec son Carnivore-Rongeur-Chassant en Meute-Intelligent. Malgré la tentative de Neox de lui mordre les mollets, il finit par devenir une machine à tuer qui parvenait à chaque tour à trouver une victime parmi la demi-douzaine d’espèces des autres joueurs. Face à lui, les trois autres joueurs ont fait assaut de combos et de traits défensifs pour décourager une attaque par le Frankausore. Côté climat, à part une mini ère glaciaire en milieu de partie, il resta dans une zone relativement habitable. Au final, les bons gros herbivores de VHN arrivent à se nourrir avec régularité et finissent avec 50 PV juste devant les 3 espèces de Joan qui avait passé la partie à râler mais a accumulé 46 PV. Suivent Neox (37 PV) et pour finir Frank (32 PV).

Table 2, dite « le roi Hiram » :  Jeff, Marie-Anne, Jean-Baptiste et Julien-Lannion, pour certains fondateurs de l’empire PC, s’affrontent à Mare Nostrum Empires. Sauf erreur, c’est Jeff qui l’emporte coiffé de la couronne des Phéniciens.

Table 3, dite « Jack Aubrey prend la mer » : Julien-Paimpol, François-René et Laurent inaugurent une campagne de Seafall, dernier membre de la famille legacy qui depuis quelques années renouvelle le jeu de plateau en introduisant une dimension de narration, de persistance et de développement des personnage de partie en partie qui rappele le jeu vidéo ou le jeu de rôles. Chaque joueur est un marin-aventurier qui va découvrir et explorer les  territoires environnants et essayer de s’enrichir, sans parler des séquences d’affrontement. Souhaitons qu’un des membres du groupe partage sur le forum le récit de chaque chapitre de Seafall.

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Table 4, dite « le retour des Grands Anciens » : une table de jeu de rôle à une séance PC, il y avait longtemps qu’on en avait pas vu (le plus souvent, les rôlistes s’organisent en dehors des créneaux officiels). Sylvain-dit-le-Jeune, Franck et Sylvain-un-nouveau-que-par-facilité-nous-appelerons-numéro-3 ont joué un scénario de l’Appel de Cthulhu dans une cuisine éclairée par la pâleur tremblotante de bougies.

Table 5, dite « Martin Wallace et ses cultistes » : A Study in Emerald est une acquisition récente mais le revoilà sur les tables de PC. Un jeu original à la fois par son thème (uchronie au XIXe siècle avec des Grands anciens, des zombies et des conspirateurs, tiré d’une nouvelle de Neil Gaiman) et par ses caractéristiques (deckbuilder où on enchérit pour acquérir de nouvelles cartes, jeu en équipe où on doit identifier son partenaire qui peut vous faire perdre si son propre score est trop faible, conditions variées de fin de partie). Autour de la table, Thomas, Nourdine, Paul, Tristan et Nicolas-2. Rien n’a filtré du déroulement des événements, mais il ont suffisamment aimé pour refaire illico une seconde partie.

Table 6, dite « Bilbo Baggins et compagnie » :  on les a presque oubliés tellement ils jouent calmement, mais Mickaël et Axel étaient face à face au rez-de-chaussée dans la Bataille des 5 Armées. Ils y passèrent la soirée sans parvenir à conclure ladite bataille avant que la réalité ne reprenne ses droits sur le monde de l’imaginaire.

Table 7, dite « Andropov contre Helms » : résistant au côté obscur de la table 8, Julien-Lannion et Nicolas-2 restent dans le thème de l’espionnage (parfum années 50) en jouant à Guerre froide : CIA vs. KGB. Sûrement plus immersif mais nul ne sait ce qui sortit du choc des blocs.

Table 8, dite « Félix et Josette Joan » : la soirée se termine avec Codenames dans son format maintenant classique en deux manches gagnantes. Côté Rouges, JiBee, F-R, Nourdine et Thomas; en face Joan, Paul et Dom et au milieu un Mickaël ne pouvant se résoudre à partir. L’ambiance était survoltée et il fallut 2 heures pour arriver au bout des 3 manches. Autant dire que les rires et les apartés furent nombreux, par exemple au sujet d’un dénommé Félix. Et en plus, la partie a tenu ses promesses avec des indices de haute volée, de la tension, des rebondissements et beaucoup de plaisir partagé. Ainsi dans la première manche serrée (F-R vs. Dom), les Bleus pouvaient conclure avec Zénith-2 (Jour, Centre). Mais à force de disserter et de spéculer, l’évidence cessa de l’être et les espions s’égarèrent sur des Planches instables. Le superbe retour gagnant de F-R, Louis XIV-2 (Eclat, Bureau) donna la victoire aux Rouges. La seconde manche, opposant JiBee à Julien-Paimpol, fut tout aussi riche. Il y eut des hésitations autour de Plongée-3 (Bouteille, Raie mais ni Gaz ni Nez) mais les Bleus parvinrent à égaliser. Dans la manche décisive (Thomas vs. Paul) Affamé-2 sema le doute chez des Bleus recomposés (Dom et Nicolas-2) : après Talon ce n’était pas Enceinte (pourtant Joan venait de mentionner ses fringales !). Mais un Petit-3 (Nain, Noir, Coupure) leur permit de reprendre l’avantage. Les Rouges, tentant le tout pour le tout avec leurs deux derniers mots, désignèrent simultanément un Blanc et l’Assassin !

Table 9, dite « Party boys » : les Bleus précédents (Paul, Nicolas-2, VHN) sont sur un nuage suite à leur victoire. Allez, encore une avant de rentrer. On sort Double Mot, party-game tout simple d’association d’images. Malgré l’heure tardive, VHN montre qu’il sait encore être réactif et créatif.

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Séance de MARDI 18/10/2016 à St-Elivet

Dans la nuit du 18 octobre 1534, des protestants français placardent des proclamations contre la messe en différents lieux du pays et jusque sur la porte de la chambre de François 1er, à Amboise. C’est la première manifestation d’hostilité entre protestants et catholiques en France. Elle mènera vingt-cinq ans plus tard aux guerres de religion…

Née en Allemagne une quinzaine d’années plus tôt, la Réforme luthérienne avait lentement pénétré en France. Le roi de France, relativement indifférent aux questions religieuses, faisait preuve d’une certaine ouverture d’esprit, n’hésitant pas à nouer des alliances avec les protestants d’Allemagne et le sultan de Constantinople. Mais il prend fort mal l’« affaire des placards » qui porte atteinte à l’institution ecclésiastique et, par voie de conséquence, à la monarchie de droit divin.
Ces placards ou affiches ont été rédigés par Antoine Marcourt, un pasteur de Neuchâtel, et s’intitulent : « Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papiste, inventée directement contre la sainte Cène de Notre Seigneur, seul médiateur et sauveur Jésus-Christ ». Ils insultent la religion catholique, son clergé et ses rites en des termes si injurieux que même des protestants les désapprouvent. Ainsi dénoncent-ils la messe : « On ne doit pas réitérer le sacrifice du Christ » et le dogme de l’Eucharistie qui affirme la présence réelle du corps du Christ dans l’hostie consacrée : « Il ne peut se faire qu’un homme de vingt ou trente ans soit caché en un morceau de pâte». Difficile de leur donner vraiment tort sur ce point.
En représailles, le roi s’engage à réprimer les « mal sentants de la foi ». Aux carrefours, on promet 200 écus à quiconque dénoncera les auteurs des placards et les arrestations se multiplient. Le 13 novembre suivant, un premier hérétique est brûlé. Le 13 janvier 1535, le Parlement de Paris crée une commission spéciale, la « chambre ardente » pour traquer les livres séditieux. Un édit royal prohibe l’imprimerie et ferme les librairies, première manifestation de censure depuis l’invention de l’imprimerie.
Par un contrepoint tragique de l’histoire, c’est aussi un 18 octobre, en 1685, à Fontainebleau, que Louis XIV révoquera l’Édit de tolérance signé à Nantes par son grand-père Henri IV en 1598. Par ce nouvel édit, le Roi-Soleil signifie qu’il n’y a plus de religion autorisée en France en-dehors de la religion catholique. C’est un coup dur pour la minorité protestante, encore assez nombreuse malgré les brimades et les persécutions antérieures.

A St-Elivet, ce 18 octobre était l’occasion de communier dans la ferveur du jeu. Dans un syncrétisme touchant, cubistes, carteux, deck buildeux, figurinistes, cruciverbstes et j’en passe (d’ailleurs certains cumulent) furent tous accueillis sous le haut patronage du seigneur de St-Elivet, et ce fut même l’occasion de baptiser (euh, dépuncher) deux nouvelles acquisitions des fidèles (enfin, les membres, vous avez compris), ceci quelques jours à peine avant la grand-messe de Scorfel…

Table 1, dite « protestante » :  Thomas nous présente sa nouvelle acquisition: A study in Emerald, jeu de Martin Wallace inspiré par la nouvelle de Neil Gaiman. Nous sommes en 1881 et les Anciens ont pris le pouvoir depuis déjà 7 siècles. Bien que la population soit largement résignée, un mouvement souterrain existe et va se soulever à travers une guerre secrète en Europe et dans le nouveau monde, menée par les restaurateurs, qui s’opposent aux loyalistes. Au début du jeu, chacun tire secrètement une carte parmi 3 de chaque. A 4, il se trouvera que nous étions dans une configuration 2-2: Bruno et Olivier, loyalistes, contre Thomas et VHS, restaurateurs. Ce rôle joue une importance cruciale à la fin, grâce à une règle essentielle, mais que nous avons survolée:

  •  les loyalistes marquent uniquement des points pour les agents restaurateurs qu’ils éliminent
  • les restaurateurs marquent uniquement des points pour les monstres qu’ils assassinent
Ainsi, Thomas commit deux assassinats d’agents loyalistes, qui ne comptent pas : il faut donc lui enlever 6 points, ce qui le mène à 15. Bruno termine à 3 et Olivier à 5, non pas qu’ils aient mal joué, mais ils sont pénalisés par une règle qui inflige 5 points de pertes à l’équipe du dernier joueur, et surtout ils éliminèrent des monstres qui n’allaient rien leur rapporter, mais ils ne le savaient pas, et furent protestants à bon droit ! C’est votre modeste narrateur qui clôt les débats avec 22, atteindre 22 étant une condition de fin de partie (mais pas forcément de victoire, car à la fin, on révèle ses rôles et on ne compte que les points qu’on aurait dû marquer selon son rôle). Quant au jeu, il repose sur un mécanisme de deck building, et est très fluide et agréable. Un excellent début, à réessayer en ayant ce point de règle en tête.

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Table 2, dite « seigneuriale » (narrée par l’ami Dom, merci à lui) : Mission : Planète Rouge est de nouveau de sortie avec sur le pas de tir JiBee, Baptiste et Dom. A la seconde partie, on utilise plus habilement le moment dans le tour de jeu où son personnage fera son action, d’où quelques surprises intéressantes pendant la partie. Baptiste contribue à hauteur de 6 astronautes au cimetière des aventuriers, JB fait une razzia sur les jetons 3 PV et Dom vise la majorité sur la glace. Au final, l’expérience de JB en jeux de contrôle de majorité, son pragmatisme et sa capacité d’anticipation le mènent à la victoire avec 61 points devant Dom 55 et Baptiste 32.

Puis le DUC fait son grand retour avec les mêmes dans une interprétation libre de Animal à Bord, jeu de cartes utilisant le principe de « je partage, tu choisis ». Bien que positionné comme familial, il demande pas mal de mémoire si on veut bien anticiper (et pourrir !) les choix des autres joueurs. La restitution des règles par Dom sera laborieuse et répartie sur la durée de la partie (« ah oui au fait les jetons restants valent 1 PV en fin de partie » bafouille-t-il, phrase comprise par JB comme « valent -1 PV »). Tout ça pour dire que le vainqueur ne mérite pas d’être consigné pour l’éternité. Qui l’eût cru, JB (prince de l’analyse et de l’abstraction) se plaindra que c’est moins facile de mémoriser les cartes ramassées par chaque joueur quand elles ont juste une couleur et pas un dessin tout minou de girafe ou de renard.

Table 3, dite « tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » : Les deux Nicolas font équipe à Conan., opposés à Mickaël. Ce jeu repose sur un matériel impressionant et fut unaniment apprécié pour sa première sortie.

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Table 4, dite « bis repetita » : Votre humble serviteur repasse les plats à Eternity, déjà sorti vendredi dernier et candidat sérieux à une session grand public de Scorfel. Une deuxième victoire avec 22 points dans la même soirée, c’est rare, voire unique dans les annales ? Dom, Bruno et Olivier partagent de concert le podium avec 12. Une partie rythmée pour un jeu qui a l’air tout simple au début mais qui ne l’est pas tant que ça à la fin…

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