Séance de VENDREDI 13/03/2020 à Servel

L’origine de la superstition associant le vendredi 13 à un jour de malchance reste un mystère. Pour certains, le nombre 13 est une référence au treizième apôtre présent à la Cène, Judas. Avec 20 présents, plus d’une table fut nécessaire pour accueillir les disciples.

Table 1, dite « Jour de chance » : Benjamin, Steven et Baptiste disputent une longue et tendue partie des Paladins du Royaume de l’Ouest. C’est Steven, qu’on voit en général aux tables de figurines, qui l’emporte avec 95 PV, légèrement devant Benjamin et nettement devant Baptiste.

Table 2, dite « Film d’horreur » : une très grande table (9 joueurs : Jimmy, Benoît, Sam, Christophe, Eric, Elouan, Dom, Thomas, François-René) de Zombicide dans sa version Black Ops (censément dans l’esprit d’Alien mais beaucoup de créatures ont des looks Lovecraftiens). Une fois les personnages choisis et équipés, on se lance dans l’exploration de la base spatiale, à la recherche d’oxygène et d’armes qui fonctionneront dans le vide. Poussez-pas derrière. Etait-ce la taille du groupe qui a rendu les monstres top puissants, a-t-on trop pris son temps, a-t-on inutilement voulu éliminer les créatures qui s’en prenaient à l’arrière-garde ? Toujours est-il que les malheureux sortis du sas ont été anéantis par un adversaire supérieur en force et en nombre, en particulier des Abominations trop mobiles et dégommant d’une baffe les frêles humains et leurs machines sophistiquées. Quelques actes d’héroïsme n’ont pas suffi à arrêter le bain de sang qui scelle la défaite collective. On se serait cru dans Vendredi 13, le film, j’en frissonne encore.

Table 3, dite « Mystère » : Mickaël, Alexandre, Frédéric et OlivierL ont inauguré Fuji Koro, une boîte riche de matériel mais dont nous ignorons tout.

Table 4, dite « Scène » : la guilde du Grojeu (Tristan, Xel, Julien et Lucas) entre en scène autour du plateau de Trickerion pour une séance d’illusions qui se termine par la victoire de Tristan.

Table 5, dite « Ce n’est qu’un au revoir » : Pour finir dignement la soirée avant une interruption indéterminée du son et de l’image, la table 2 enchaîne sur un Codenames avec en Bleu Thomas, F-R, Eric et Sam et en Rouge Elouan, Christophe, Jimmy et VHN. On sentait les participants rouillés, les marqueurs blancs ont été nombreux tout au long de la partie.

La première manche voit une victoire serrée mais logique des Bleus malgré leur difficulté à faire trouver Bulle et Gaz avec Champagne 2. En face, le Brouillard 2 est resté trop opaque (il visait Corne -de brume- et Bouchée -la vue-). La seconde manche voit s’affrontre un duo père-et-fils d’artistes surréalistes (utilisant des expressions comme « la surface de réservation »). Après un bon départ (Vacances 4 pour Colonie, Londres, Rome et Manège), Elouan explore des associations d’idées que seul lui peut décoder, et encore ! En face, Poulet 2 visait Aile et Croûte mais a bien failli les mener vers l’assassin Dent. Au final, 2-0 pour les Bleus. La dernière manche a vu les Rouges sauver l’honneur, d’autant plus méritoire que Jimmy était face au redouté F-R. Mais ce dernier n’a pas vu que Sac allait aussi bien avec Constantinople que Banane. Les Rouges, eux, ont eu du mal avec Orchestre 4 (Flûte Canon Tube Boîte mais ni Radio ni Piano) mais ont fini avant des Bleus encore plus confus qu’eux.

En partant, un adhérent prit avec lui Pandémie Contagion, un choix bien thématique pour occuper les enfants les prochaines semaines.

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Séance de MARDI 03/03/2020 à Servel

Le 3 mars est un double anniversaire pour le téléphone : c’est le jour de naissance de Alexander Graham Bell (en 1847) et celui de la fondation de American Telephone & Telegraph (ATT, en 1885), entreprise qui a dominé l’industrie pendant tout le XXe siècle en étant à la fois un opérateur de réseaux et un fabricant d’équipements télécoms. Indiquons encore que le centre de recherche de ATT, les Bell Laboratories, a une contribution scientifique inégalée dans le privé et s’est vu attribuer 9 prix Nobel (suivi semble-t-il par IBM avec 3 Nobel).

Une nouvelle tête apparaît à 20h30 : c’est Michael, installé récemment à Beg-Leguer, avec un passé de joueur remontant aux années 80 et curieux de découvrir l’offre contemporaine de jeux.

Table 1, dite « Texto » : Compte tenu de l’arithmétique des tables, Michael se retrouve pris en charge par Dom qui sort de l’armoire des jeux sympas, pas trop long et bons à deux. Initiation à Kingdomino pour commencer, avec une victoire de Dom 57 à 51 sur la grille 5×5. On remet ça sur la grille 7×7 et cette fois c’est Michael qui l’emporte 129 à 115. Deuxième étape avec 7 Wonders Duel. Les deux découvrent le jeu et après une lecture en commun des règles, la partie démarre. A l’âge I, Michael rafle les ressources brunes tandis que Dom lui met la pression sur la piste militaire. Soudain, telle une Cendrillon recevant des SMS, Michael se souvient qu’il a une contrainte horaire et doit prendre congé sans aller au bout. On a cru comprendre qu’on le reverrait.

Table 2, dite « Coupure de communication » : Axel pointe son nez à l’occasion des vacances et se joint à une table de Dead of Winter avec Xel, Neox et François-René. Partie abrégée là encore, mais pour des raisons différentes : dès le deuxième tour, un jet malheureux d’Axel fait 2 morts puis le moral s’effondre : défaite collective avant même que la traîtresse ait eu le temps de traitrer. Ils poursuivent avec Villainous après les départs successifs du Président et du rédacteur.

Table 3, dite « Opérateur dominant » : à côté, une table de barbus -comme Alfred Nobel- (Tristan, Nicolas-2, Benjamin, RomJé) se plonge dans des jeux récents : The River tout d’abord, remporté par Nicolas (50 PV), puis , dominé par Benjamin.

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Séance de VENDREDI 21/02/2020 à Servel

Le 21 février 1848 paraît le Manifeste du Parti Communiste, texte fondateur de Marx et Engels. Proclamant l’opposition ontologique entre une bourgeoisie exploitant hommes et ressources à l’échelle du globe grâce au capital et une classe ouvrière n’ayant que sa force de travail à vendre, il affirme que la lutte des classes doit déboucher sur une société nouvelle par l’union internationale et révolutionnaire des prolétaires. Avance rapide de 172 années pour retrouver les forçats du poussage de cube.

Table 1, dite « Moyens de production » : une partie de plus de Brass (Birmingham) pour Neox, Xel, Thomas et Eric qui rivalisent pour la possession de moyens de production capitalistes dans l’Angleterre de la révolution industrielle. Que croyez-vous qu’il arriva ? ce fut Thomas qui gagna (à noter, la réaction de Xel après le premier coup d’Eric : « c’est plié, Thomas a gagné ! »)

Table 2, dite « Révolution prolétarienne » : affrontement à Star Wars Rebellion entre Julien et Steven, affrontement qui tourne en faveur du premier dans le costume des rebelles qui mettent à bas l’ordre établi.

Table 3, dite « Classes bourgeoises » : Lucas propose Five Tribes à Dom et Elouan qui acceptent bien volontiers. Un jeu où on croise les classes dominantes incarnées par des vizirs, des sages et des marchands. C’est le propriétaire qui l’emporte avec 204 PV, ivre de djinns.

Table 4, dite « Le capitalisme c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le socialisme c’est le contraire (Coluche) » : les tables 1 et 3 se regroupent pour enchaîne les tours de Just One. Un jeu où on ne compte pas les points et l’important est de faire preuve d’imagination dans la bonne humeur. Parmi les indices qui ont marqué la partie, « Brochette » pour faire trouver « Licorne » (un des rares échecs du groupe), ou encore « Jacques-Yves » pour faire trouver « Couteau » ! Quant à « Pierre Perret » pour faire trouver « Cantine », son auteur coiffe un bonnet d’âne vu que la chanson est de Carlos !

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Séance de VENDREDI 14/02/2020 à Servel

En cette St-Valentin, Parties Civiles célébrait l’amour, mais aussi la haine. Comme l’a remarqué un jour Bernard Pivot, M et N se suivent au dictionnaire, et dans cet ordre !

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Table 1, dite « Cassés et cigarettes » : en prison, les détenus n’ont qu’une obsession: s’évader. C’est le moteur de Dig out (your way), On y achète et vend, a cigarette fait monnaie d’échange, on y rencontre des gueules cassées, on se fait casser la sienne, on fabrique des objets qu’on revend, et on s’attache les faveurs de clan. Mais ils se passe aussi des choses imprévisibles, comme une rébellion, qui rebattent les cartes. C’est à la faveur d’un de ces événements que Tristan remporta avec chance cette bataille homérique où VHS, deux Olivier, François-René et Simon étaient impliqués.

Table 2, dite « Elfe haine » : à Pandemic : Le règne de Cthulhu ce fut une victoire du collectif, tandis que Cthulhu perdit.

Table 3, dite « Plaisir solitaire » : Deep Sea Adventure est un plaisir solitaire qu’il faut savoir ne pas prolonger trop longtemps. Alexandre, Paul et Mickaël s’y sont livrés avec retenue.

Table 4, dite « Lucas crâna » : à It’s a wonderful world, Lucas gagne comme attendu, mais Xel fait bonne figure, aux côtés de Elouann et Eric.

Table 5, dite « Toi + moi » : Dom succombe à Franck qui lui propose un parcours avec Ceux de ma tribu, prolongeant l’exploration de l’univers fertile de son compagnon du soir.

Table 6, dite « Un pour tous, tous pour un » : une magnifique partie de Les chevaliers de la table ronde, clôt cette soirée, qui se termine par une victoire collective sur le fil contre le mal, qu’incarnait en l’occurrence François-René.

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Séance de VENDREDI 07/02/2020 à Servel

La tempête Ciara qui a balayé la Bretagne a emporté les pages volantes sur lesquelles le petit reporter remplaçant avait consigné ses notes de la soirée de jeu. Quant au photographe l’accompagnant, la pleine lune a voilé ses négatifs, nous privant de précieux témoignages visuels. Nous ferons donc appel à nos souvenirs et notre imagination.

Il y eut une table avec des figurines et Julien.

Il y eut une table de Mah-Jong avec deux nouveaux accros, un barbu prosélyte et une copine retrouvée d’icelui (Florence, croyons-nous).

Il y eut une table de Pax Renaissance avec un François découvrant, un Frédéric maîtrisant, un Tristan ourdissant et un Gérard attendant (son heure). Il semble que la Hongrie ait changé 5 fois de main, que 2 conditions de victoire aient été activées mais qu’aucun joueur n’ait réussi à en tirer parti. On s’est ainsi acheminé vers une fin de partie par épuisement des pioches, où 3 joueurs étaient à égalité de Prestige « patron », le critère de départage en ce cas. Gérard, prévoyant en bon père de famille, avait accumulé un trésor de guerre destiné à lui donner la victoire, l’argent étant le critère suivant. C’est donc le vainqueur moral de la partie. Qu’importe si dans une réalité alternative, un kingmaker de passage déplaça les équilibres au profit de Frédéric.

Il y eut une table avec un adulte (Nicolas) et deux enfants.

Il y eut une table à deux (Doc & Dom) où Nixon battit Kennedy à l’élection de 1960.

Il y eut une table avec un couple récemment recruté, et peut-être Mickaël, et sûrement un quatrième. Il est probable qu’ils se volèrent dans les plumes à Wingspan.

On croisa encore OlivierL, François-René, Christophe, Vincent et bien-sûr Neox qui finirent certainement par se retrouver assis à une table, mais pas Thomas ni Olive.

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Séance de VENDREDI 31/01/2020 à Servel

Inauguré le 31 janvier 1977, le centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (CNAC) – répond à la volonté du président Georges Pompidou de voir au centre de Paris un équipement culturel d’un type nouveau, voué à toutes les formes de la création contemporaine. Dans l’esprit de ses concepteurs, le centre se voulait une réponse à un certain nombre de faillites de la politique culturelle française : l’incapacité à créer un musée d’art moderne digne de ce nom, le retard de la lecture publique par rapport notamment à l’Europe du Nord, le dédain dans lequel les autorités avaient tenu la musique contemporaine. Au lendemain de mai 1968, la fondation du centre Pompidou apparaissait aussi comme un nouveau défi lancé à l’académisme des institutions culturelles d’État. L’architecture du centre suscita une vive polémique : canalisations, escaliers électriques, passerelles métalliques, tout ce qui est traditionnellement dissimulé est ici ostensiblement montré à la vue de tous. On surnomma le centre « Notre-Dame de la Tuyauterie », ou encore « le Pompidolium ». On railla un « hangar de l’art », une « usine à gaz », une « raffinerie de pétrole », un « fourre-tout culturel » ou une « verrue d’avant-garde »

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43 ans après, Beaubourg a imposé sa singularité dans le paysage culturel, et Parties Civiles célébrait des jeux modernes, mais aussi très anciens.

Table 1, dite « Fourre-tout religieux » : Ils y reviennent, c’est bon signe ! Quand Gérard signale discrètement être revenu avec sa petite boîte de Pax Renaissance, Frédéric se déclare, ainsi que Tristan qui a pris le temps d’étudier les règles et est chaud comme la braise. Ajoutez-y l’inévitable Dom et la table est complète pour une lutte mouvementée et tendue dans l’Europe du XVe siècle. Et cette fois la durée de jeu est revenue à quelque chose de raisonnable pour un gros jeu à quatre.

Le début de partie a ressemblé à la précédente, avec Gérard se construisant à l’Est une théocratie islamiste solide. Le message sur la condition de victoire visée était clair. Côté Ouest, les 3 autres jouaient des coudes avec quelques couinements à chaque fois qu’une concession (un petit cube mais qui est une des rares façons de financer ses opérations) était éliminée. Au milieu de partie, Tristan et Frédéric ont acquis des badges « Islam » qui les mettent en position de profiter du dur labeur de Gérard et de remporter une victoire théologique quand l’occasion se présentera. Dom de son côté arrondit sa pelote et s’ingénie à empêcher cette condition de victoire en mettant en jeu des évêques d’une autre couleur. La première comète arrive enfin mais aucun des trois Imams ne l’achète, puisque cela reviendrait à consommer une action et leur argent pour activer une condition de victoire dont les deux autres risqueraient de profiter dans la foulée. Intéressante situation de « je te tiens par la barbichette » (du prophète ?). Finalement, une fois que le prix a suffisamment baissé c’est Dom qui l’achète pour activer la condition de victoire « Renaissance » (2 badges « Law » de plus et le plus de Républiques). Aussitôt, haro sur le Dom dont des prédicateurs enflammés dénoncent la victoire prochaine !

Pendant ce temps, une seconde comète entre en jeu et Gérard prend en main la carte avec badge Islam qui le mettra à égalité avec Tristan, bloquant provisoirement toute victoire religieuse (oui mais Gérard dispose d’une action Behead qui lui permettra au bon moment de supprimer une des cartes à badge Islam de Tristan. On te voit venir, Gérard !). Au tour suivant, Dom se crée une République pour se rapprocher de la victoire Renaissance, aussitôt contré par Fred. Et Tristan ? tout le monde l’avait apparemment oublié, en particulier Gérard qui n’a pas joué sa carte Islam. Le bougre barbu, majoritaire en badges Islam, achète la comète, active la victoire Religieuse et remporte la partie dans la foulée. Les autres jurèrent, mais un peu tard, qu’on ne les y prendrait plus. 

Table 2, dite « Abstraction » : à Deep madness Le Doc, Olivier L, François-René, Camille, Florian et Sophie ont fouraillé. Analyser le résultat relève de l’abstraction.

Table 3, dite « Traîtrise au sommet » : à Betrayal at the House on the hill en compagnie de Mickaël, les jeunes Paul et Alexandre, Olivier-3 et Franck ont recherché le traitre au sommet de la colline. Il était parmi eux, c’est sûr.

Table 4, dite « Outrenoire » : à Runebound, Julien, Neox, Xof et Baptiste ont broyé du noir à la façon de Soulages. Le résultat est caché derrière ce noir.

Table 5, dite « Cécité interdite » : Lucas arrive avec son jeu de Mah-Jong qui séduit Xel, votre serviteur, RomJé et Samuel, de retour parmi nous, et nouvel adepte. Une partie sous le signe du poulet (chicken), ce mah-jong spécial ne scorant aucun point (ce qui en fait une main remarquable en soi) dont on vit des exemples réussis et ratés (il faut avoir de bons yeux: on oublie toujours le petit truc qui marque un point, et de ce fait invalide le chicken et donc le mah-jong). Lucas joua le rôle de MJ, puis se fit supplanter dans ce rôle par RomJé au bout de la nuit car ce dernier, après avoir maintes fois différé son départ, et s’être enfin décidé, fut remplacé illico par Doc Nico qui passait par là, et lui servit de coach de luxe, offrant enfin un siège à Lucas, qui, lui, réalisa un mah-jong magnifique avec une main très pure en caractères, digne d’un musée d’art moderne !

Table 6, dite « Verrue d’avant-garde » : on s’en voudrait de passer sous silence cette table de Necromunda, où Steven & Co déployèrent au vu de tous une architecture d’avant-garde dont l’apparence tranche avec le style policé de la maison de quartier.

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Séance de MARDI 28/01/2020 à Servel

Initialement, Gustave Eiffel, ingénieur passé maître dans l’architecture du fer, avait prévu douze mois de travaux. En réalité, il faudra en compter le double. La phase de construction débute le 28 janvier 1887, et s’achèvera en mars 1889, juste avant l’ouverture officielle de l’Exposition universelle.

Dès la première exposition universelle (Great Exhibition of the Works of Industry of All Nations, Londres, 1851), les gouvernants s’aperçoivent derrière l’enjeu technologique une vitrine politique. En démontrant son savoir-faire industriel, le pays accueillant l’exposition signifie son avance sur les autres puissances européennes qui règnent alors sur le monde.
En juin 1884, deux ingénieurs des entreprises Eiffel, Maurice Koechlin et Émile Nouguier, se penchent sur un projet de tour métallique de 300 mètres. Ils espèrent pouvoir en faire le clou de l’Exposition de 1889.

Le 6 juin, Maurice Koechlin dessine le premier croquis de l’édifice. Le dessin représente un haut pylône de 300 mètres, où les quatre piles incurvées, se rejoignant au sommet, sont reliées par des plates-formes tous les 50 mètres. Gustave Eiffel voit cette esquisse, dit ne pas s’y intéresser, mais autorise de poursuivre l’étude. Stephen Sauvestre, architecte en chef des entreprises Eiffel, est sollicité et redessine complètement le projet pour lui donner une autre envergure : il rajoute de lourds pieds en maçonnerie et consolide la tour jusqu’au premier étage par le truchement d’arcs, réduit le nombre de plates-formes de cinq à deux, et surplombe la tour d’une « coiffe » la faisant ressembler à un phare.

Cette nouvelle mouture du projet est à nouveau présentée à Gustave Eiffel qui, cette fois-ci, se montre enthousiasmé. À tel point qu’il dépose, le 18 septembre 1884, en son nom et ceux de Koechlin et Nouguier, un brevet « pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d’une hauteur pouvant dépasser 300 mètres ».
Bien vite, il rachètera les droits de Koechlin et Nouguier, pour détenir les droits exclusifs sur la future tour, qui, de ce fait, portera son nom.

Gustave Eiffel n’a donc pas conçu le monument, mais s’est appliqué à faire connaître son projet auprès des gouvernants, des décideurs et du grand public, pour pouvoir construire la tour, puis à en faire, aux yeux de tous, plus qu’un simple défi architectural et technique.

133 ans ans après, à Lannion, une réunion au sommet réunissait les joueurs de Parties Civiles.

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Table 1, dite « Marque déposée » : voyage sympathique avec Xel, Audrey, François-René et votre serviteur dans La forêt des frères Grimm – un jeu de placement apporté par Lucas, où il s’agit de construire le premier trois maisons, en paille, en brique ou en bois, au choix. On peut aussi réciter des fables et loger des amis dès qu’on a construit des murs. Cela se joue bien, avec un mécanisme assez chaotique car le marché des matériaux et l’effet des fables sont imprévisibles. Votre narrateur remporte cette partie sur le fil grâce à deux coups qui furent fatals à ses adversaires: le Loup qui fit disparaître une pile de briques, et le Grenier secret qui multiplia ses bottes de paille, combinaison qui mériterait une marque déposée. Audrey n’était pas loin, mais avoir construit un quatrième sol lui fut une coquetterie fatale.

Table 2, dite « Exposition universelle » : à It’s a wonderful world Lucas fait exposition universelle de ses talents, l’emportant avec 79, devant RomJé, 54, et Benjamin, 27. Frustré, Benjamin a remis le couvert avec Lucas. On devine sans peine l’issue de cette revanche.

Table 3, dite « Hauteur de vue » : à Azul votre serviteur bâtit une oeuvre de patience et de méthode, qui culmine par une victoire au sommet (68), devançant, à l’issue d’une partie de haut vol, Xel, 60, et François-René, 55.

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Séance de VENDREDI 24/01/2020 à Servel

Le 24 janvier 1848 la découverte d’or à Sutter’s Mill, une scierie à l’est de Sacramento déclencha la ruée vers l’or en Californie. La nouvelle se répandit rapidement et attira plus de 300 000 aventuriers, américains et étrangers. Ces pionniers, appelés par la suite « forty-niners », arrivaient par bateau ou voie terrestre à bord de chariots, de tout le continent et du monde entier, au prix d’un voyage bien souvent difficile. Ces chercheurs d’or commencèrent par s’installer le long des rivières et utilisèrent pour leur recherche les techniques artisanales de l’orpaillage, puis des méthodes plus sophistiquées d’extraction de l’or.

La ruée vers l’or transforma profondément la Californie. Alors petit hameau constitué de tentes, San Francisco se développa sous la pression de la croissance démographique: routes, églises, écoles y furent construits. Un système de loi et un gouvernement mènera à l’admission de la Californie en tant qu’État américain en 1850. De nouveaux modes de transport se développèrent : le bateau à vapeur, qui devient un moyen de transport régulier, et les chemins de fer. Cependant, la ruée vers l’or n’eut pas que des aspects positifs : de nombreux Nord-Amérindiens furent attaqués et chassés de leurs terres, des tensions raciales et ethniques se formèrent, et l’extraction de l’or entraîna de nombreux problèmes environnementaux.

172 ans après, tout Parties Civiles était en position or-jeu.

Table 1, dite « Quatre hommes et une prière » : Gérard déballe son Précieux : Pax Renaissance, un jeu dense et fascinant qui recrée les luttes politiques/économiques/religieuses dans l’Europe du XVe siècle. Il partage un air de famille avec Pax Pamir (déjà joué ici) et Pax Porfiriana (le premier de la série, que l’on verra tôt ou tard à PC). On retrouve une zone de jeu divisée en 10 régions, un marché de cartes, un « tableau » devant chaque joueur où il peut activer une seule icône par carte et un argent toujours en quantité très limitée. Il faut s’habituer à voir les pièces sur le plateau (chevaliers, nobles, pirates et grands prêtres) comme des entités qu’on manipule et non pas comme des possessions. Parmi les subtilités à maîtriser: apprendre les effets de la quinzaine d’actions et anticiper les 4 conditions de victoire possibles (qui s’activent progressivement dans la seconde moitié de la partie, au fur et à mesure de leur achat par un joueur quand passe une comète). On pourrait parler de jeu à « effet papillon » : les conséquences d’une action de jeu peuvent se faire sentir un peu plus tard et un peu plus loin en modifiant de précaires rapports de force.

Autour de la table, deux initiés (Gérard et Dom) et deux novices enthousiastes (Frank et Frédéric). Saluons leur capacité à ingurgiter 1h30 d’explication de règles et à faire bonne figure pour cette partie de découverte, dont la durée a été allongée par les commentaires explicatifs et les discussions d’options à chaque coup.

En début de partie, Gérard et Dom-sans-le-sou luttent en Ibérie, le second s’orientant vers une victoire Globalisation. Pendant ce temps, Frank est laissé tranquille à l’Est et prend un solide départ vers une victoire Religion en prenant le contrôle de puissantes théocraties islamistes, assis sur un tas de florins faisant l’envie des autres. Mais la première comète tarde à venir, ce qui laisse le temps aux autres de le bloquer en mettant en jeu des évêques tandis que Dom, désigné comme homme à abattre, se voit rogner à l’Ouest les voiles de ses caravelles. Frank tente de transformer la situation en sa faveur quand Gérard, après avoir chipé un roi de Hongrie tout juste marié, se révèle tout près de remporter une victoire Renaissance. Dom se charge de le contrer en passant ses empires en républiques et la situation s’enlise un peu quand Gérard, se débarrassant d’un évêque blanc encombrant, met Frank en situation de conclure à 2h21 sa victoire islamique. Magnifique expérience ludique, en espérant que d’autres joueurs feront l’effort de se plonger dans ses règles pour revoir bientôt Pax Renaissance.

Table 2, dite « Bataille du rail » : à Brass-Birmingham Thomas voit sa stratégie (** SPOIL: faire des rails **) copiée par Xof et Elouann, mais l’emporte quand même. Comme en politique, l’original a résisté à la copie.

Table 3, dite « Vallée de la mort » : nous accueillons à nos tables Viloette, nouvelle adhérente qui prend part à Betrayal at the House on the hill en compagnie de Mickaël, les jeunes Paul et Alexandre, Olivier-3 et Elouann. C’est Paul le traître qui emporte cette partie, vengeant, nous dit-on, la mort de sa mère.

Table 4, dite « Los Angeles » : Nicolas II et François-René, en tête-à-tête à Death Angel, perdent contre le jeu.

Table 5, dite « Mains d’or » : Lucas arrive lesté d’un magnifique jeu de Mah-Jong et son imposant plateau, jeu venu du fonds des âges, et dont le nom, « moineau du lin » fait allusion au bruit fait par les tuiles qui s’entrechoquent lors de leur mélange. En Chine continentale, le mah-jong était illégal pendant la Révolution culturelle, et jusqu’en 1985. En 1996, devant la recrudescence du jeu d’argent illégal, le gouvernement chinois décida de promouvoir une pratique « olympique » et « saine », avec la promotion du mah-jong au rang de sport et la création d’une règle de compétition (gubiao majiàng, ou règle chinoise officielle (CO), ou Mahjong competition rule) jouée ce soir, sans argent bien sûr.
Justine et Thibault découvrent, Xel et votre serviteur connaissent déjà, mais dans la version japonaise, ce qui occasionne des frustrations car la version MCR n’autorise pas de faire mah-jong qui vaille moins de 8 ! Pour cette découverte seulement 4 manches furent jouées au lieu de 16, avec Lucas en mode maître de jeu non joueur, et Justine l’emporta grâce à ses mains d’or (55) devant Thibault (22), Xel (-10) et votre serviteur au score très modeste (-47). Puis je cédai la place à Lucas « MJ du MJ » pour aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs (elle le fut, puisque je visitai la table de Pax Renaissance qui connut une victoire islamique).

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Séance de MARDI 21/01/2020 à Servel

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Le 21 janvier 1950, la tuberculose, venant après des pneumonies à répétition, eut raison de la santé fragile de George Orwell. L’écrivain britannique avait eu le temps de laisser à la postérité 1984, La ferme des animaux, ou encore Hommage à la Catalogne. Une oeuvre engagée auprès des prolétaires, qu’il connut de près à Paris et à Londres.

Le tournant de sa vie fut un séjour dans le nord de l’Angleterre. Sa rencontre avec le prolétariat des régions minières y marqua sa conversion brutale à la cause socialiste, comme une évidence, face au spectacle de l’injustice sociale et de la misère du prolétariat anglais. Son oeuvre ponctue une vie entamée au service de l’impérialisme britannique dans la lointaine Birmanie (« cinq années d’ennui au son des clairons »), issue peu glorieuse d’une scolarité à Eton, établissement prestigieux où il passa graduellement du statut d’élève brillant à celui d’élève médiocre.

Aldous Huxley, le futur auteur du Meilleur des mondes, lui enseigna brièvement le français à Eton. Apparemment, Orwell appréciait Huxley, qui apprenait « des mots rares et étranges, de manière assez concertée », se souvient un condisciple qui ajouta: « Le goût des mots, de leur usage précis et signifiant nous resta. En cela, nous avons une grande dette envers lui ». Huxley discutera la différence entre les perceptions d’un futur totalitaire illustrées dans Le Meilleur des mondes et 1984 dans l’essai Brave New World Revisited (1958).

70 ans après, à Parties Civiles, une soirée réunissait le meilleur des mondes ludiques de Lannion.

Table 1, dite « Dans la dèche à Lannion et à Londres » : on ressort London à cette table, un Wallace historique que Tristan feint de découvrir. Il faut y restaurer la ville après le grand incendie, sans négliger de s’occuper de ses pauvres. L’ambition réparatrice est illustrée par la taille du tableau des joueurs, et Tristan s’y distingue avec un plateau imposant, à 8 cartes. Il l’active peu souvent, ce qui lui donne loisir d’acheter de nombreux quartiers, favorisé qu’il est par un emprunt à taux favorable qu’il contracte. Xel, pour sa part, éradique la pauvreté, ce qui nous donne du fil à retordre et des PV envolés, votre serviteur en faisant la cruelle expérience, terminant à 19. Dom, 42 et Xel, 45 font un beau score, sans pouvoir éclipser la partie magnifique de Tristan, qui signe un 65 historique.

Table 2, dite « La loi du plus fort » : à Pillards de la mer du Nord François-René (45) déclenche les offensives, pillant méthodiquement le pauvre Doc Nico (23). Olive, 38, et Camille, 32, ont cru résister.

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Table 3, dite « God save the queen » : à nos tables pour la première fois, Victorian Masterminds voit la victoire de la reine Justine. Thibault, Lucas et Neox ont prétendu lui offrir le mode d’emploi de la victoire par galanterie, faisant là assaut de mansplaining*.
* explication, souvent donnée par un homme à une femme, qui ne prend pas en compte le fait que la personne qui reçoit l’explication en sait plus que celui qui la donne.
On ne résiste pas au plaisir de vous donner les équivalents de ce néologisme en français (Mecsplication), et au Québec (Pénispliquer).

Les mêmes enchainent sur un gentil Paper Tales dont les traces, comme celle des articles écrits par Orwell dans des journaux communistes (tel que Monde, revue fondée et dirigée par Henri Barbusse) lors de son séjour parisien (1928-29), sont perdues à jamais.

Table 4, dite « Big browser is watching you » : Camille et François-René poursuivent leurs échanges en tête-à-tête à Unlock ! (lire nos éditions précédentes). Un jeu qui nécessite un smartphone, avatar moderne du télécran de 1984.

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Séance de VENDREDI 17/01/2020 à Servel

En matière d’organisation sanitaire internationale, si une première « unification microbienne du monde » prend forme, selon l’analyse d’Emmanuel Le Roy Ladurie, dès les XIVe-XVIe siècles, ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que la conscience d’un risque commun et d’une vulnérabilité partagée conduit onze États européens et l’Empire ottoman à inaugurer la première conférence sanitaire internationale, qui s’ouvre à Paris en 1851. Cette coopération multilatérale pose les fondations d’un droit sanitaire international qui vise spécifiquement la peste, le choléra et la fièvre jaune et qui doit désormais permettre, selon l’expression de l’historienne Valeska Huber, une « unification du monde malgré la maladie ».
La convention sanitaire internationale signée à Paris le 17 janvier 1912 élargit les « dispositions générales », précédemment réservées à l’Europe, au continent panaméricain. Elle établit par défaut l’existence d’une vaste région sanitaire occidentale, au sein de laquelle « la mission civilisatrice » de la vieille Europe croise la « destinée manifeste » des États-Unis qui prennent la tête d’un « Nouveau-Monde ». La Grande Guerre éclatera avant que la convention de 1912 ne puisse être ratifiée.

108 ans après, à Parties Civiles, notre mission civilisatrice se poursuit. Notre destinée manifeste est toujours l’unification de Lannion et de sa région proche malgré la morosité.

Table 1, dite « Destinée manifeste » : un Illuminati à 6 (Nicolas II, Frank, RomJé, Frédéric, Benoît, VHS), c’est la promesse d’une longue soirée. Ce jeu, étonnamment moderne pour son temps – 1945, selon la notice, mais on peine à y croire (ce serait plutôt 1982 en fait) – offre deux possibilités de victoire: une commune, et une asymétrique, et c’est tout son charme. A la tête du triangle des Bermudes, je cherchai toute la partie une carte Gouvernementale, qui me permettait de réunir toutes les factions et de l’emporter. A la faveur d’une alliance avec Frank, et de débauches d’argent (issues de caisses noires et autres comptes en Suisse héritées fort à propos) j’étais en effet parvenu à réunir 9 des 10 familles, et cela sans la salvatrice Armée de libération des esprits, qui ne sortit jamais. Lors du dernier tour, Frédéric est sur le point de l’emporter mais il fait un jet de dès de 10 alors qu’il doit faire 9 ou moins ! A mon tour, je vois enfin, avec la carte New York, une manifestation de la destinée, et surtout une orientation Gouvernementale (la première après 4 heures de jeu), que je réussis à contrôler, ce qui me donne derechef une victoire inespérée.

Table 2, dite « Epidémie prochaine » : à On Mars on ne sait qui de Mickaël, Tristan, Elouann et Neox est sorti vainqueur. Seule certitude, le remplissement prochain des cabinets d’ophtalmologie, tellement le plateau de ce jeu a des couleurs qui piquent.

Table 3, dite « Par-delà les océans » : Cinq armateurs (Olive, Xel, Thomas, Eric et Dom) se lancent avec Container sur une mer un peu calmée après le coup de vent de mardi dernier. Seul Eric découvre. Thomas et Xel investissent lourdement dans leurs entrepôts, Olive fait dans la production « low cost » et Dom fait du cabotage (non non, pas du cabotinage). Mais ce dernier a un peu trop tendance à acheter ses propres cargaisons et finit la partie endetté au maximum, tout près de la saisie d’office de ses stocks. Arrivé le décompte final c’est Dom et Eric qui ont le plus de points pour leur containers livrés sur l’île « paradis fiscal » (86 et 88 respectivement). Mais une fois retranchées les dettes et ajoutés le stock circulant et la trésorerie dissimulée derrière les paravents (29 pour Thomas !), Eric se détache comme net gagnant avec 107 PV, devant Thomas 91, Olive et Dom (71 et 68) et Xel 44. La partie a été très différente de celle du printemps 2019, avec des enchères qui sont montées beaucoup moins haut et des scores nettement plus bas.

Ensuite les mêmes plus Lucas sortent Deep Sea Adventure. A six joueurs, il y a intérêt à ne pas trop traîner au fond de l’eau et à se contenter de trésors en apparence minables. Première manche, personne ne parvient à rentrer au sous-marin (Lucas, qui a chopé un 2e trésor en remontant, paie sa gourmandise), on leur avait pourtant bien dit. A la deuxième, seul Dom garde la tête froide et revient avec un modeste trésor. A la troisième, de nouveau l’hécatombe y compris pour ceux qui ont plongé au fond récupérer d’alléchantes piles de 3 jetons. L’inoxydable Dom réintègre le sous-marin avec 2 jetons (dont l’un se révélera valoir 0 !) et ce sera l’unique rescapé. Avec 19 PV il finit donc seul sur le podium. Mentionnons l’aptitude remarquable d’Eric à faire du sur-place une fois qu’il est lesté de 2 trésors !

Table 4, dite « Mission civilisatrice » : le Doc, Sophie, F.-R. et Camille tentent de survivre à Deep madness sans qu’on sache ce qu’il advint de leur mission civilisatrice.

Table 5, dite « Un si petit monde » : trois victoires de plus pour Lucas à It’s a wonderful world ! sous les yeux de Paul, Alexandre et Anthony. Le monde est magnifique, mais surtout trop petit pour l’appétit de notre champion.

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